Publié par Benoît dans Actu PlayStation le 03/07/2026 à 23:06
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Sony pensait tourner la page tranquillement. Les joueurs et toute la filière du jeu physique viennent de lui répondre. |
Il y a quelques jours, on vous expliquait en détail l'annonce de Sony sur la fin des jeux physiques PlayStation en janvier 2028, ses vraies raisons et ses conséquences pour les joueurs comme pour les collectionneurs. On terminait cet article en vous demandant votre avis. Visiblement, la communauté mondiale des joueurs n'a pas attendu pour donner le sien. La riposte s'organise, elle a un nom, et elle prend une ampleur que personne n'avait anticipée. Elle s'appelle Don't Kill the Disc, et on vous raconte tout.
✊ Une pétition qui explose les compteurs
Lancée sur Change.org dans la foulée immédiate de l'annonce de Sony, la pétition Don't Kill the Disc demande au constructeur japonais de faire marche arrière et de maintenir les jeux sur disque au-delà de 2028. Son démarrage a été fulgurant. En moins de 24 heures, elle dépassait déjà les 16 000 signatures vérifiées, et le compteur continue de grimper d'heure en heure au moment où nous écrivons ces lignes. Pour une pétition liée au jeu vidéo, c'est un démarrage remarquable, signe que le sujet touche un nerf très sensible chez les joueurs.
Et elle est loin d'être seule. Les médias spécialisés ont recensé au moins une quinzaine de pétitions différentes demandant à Sony de revenir sur sa décision, lancées un peu partout dans le monde. Don't Kill the Disc est simplement la plus importante et la plus structurée d'entre elles, celle autour de laquelle la communauté est en train de se rassembler.
Qui est derrière cette pétition ?
Détail intéressant, la pétition n'a pas été lancée par un joueur anonyme mais par Jade Pearce, à la tête de PNP Games, une enseigne canadienne de magasins de jeux vidéo. Et elle ne parle pas qu'en son nom. Le texte précise qu'elle est portée au nom de toute la filière du jeu physique, c'est-à-dire les revendeurs, les distributeurs, les fabricants et les collectionneurs, dont l'activité et la passion dépendent directement de l'existence des supports physiques.
Ce n'est pas anodin. Comme on vous l'expliquait dans notre premier article, la fin du disque menace tout un écosystème économique, des grandes enseignes aux petites boutiques indépendantes de quartier. Qu'un commerçant prenne la tête du mouvement en dit long sur l'inquiétude bien réelle de toute cette filière, qui joue sa survie dans cette histoire. La pétition parle d'ailleurs de milliers d'emplois et d'innombrables petites entreprises menacées par un futur tout-numérique.
Ce que demande exactement Don't Kill the Disc
Le texte de la pétition est bien construit, et il a le mérite de la nuance. Il ne demande pas la disparition du numérique ni un retour en arrière complet. Sa position tient en une phrase, ses auteurs ne sont pas contre le digital, ils sont contre le digital comme seule option. Ce que réclame la pétition, c'est le maintien d'un vrai choix pour le consommateur, avec des jeux sur disque qui continuent d'exister à côté des versions dématérialisées, au-delà de l'échéance de 2028.
L'argumentaire reprend point par point ce qui fait la valeur unique du support physique. Un disque est un jeu qu'on possède réellement, qu'on peut prêter, échanger, revendre, offrir, collectionner ou transmettre à ses enfants. Une boîte contenant un simple code de téléchargement n'offre rien de tout cela. La pétition la décrit comme une licence numérique dans un emballage plastique, un accès loué qui peut être révoqué à tout moment. Et elle rappelle que ce risque n'a rien de théorique, puisque des utilisateurs ont déjà vu des films pourtant achetés disparaître de leurs bibliothèques, et des jeux être retirés de la vente quelques semaines après leur sortie.
L'ironie de l'E3 2013, quand Sony promettait l'inverse
C'est probablement l'argument le plus savoureux de la pétition, et il fait très mal. Retour en 2013, à l'E3, le grand salon du jeu vidéo. Microsoft vient de présenter sa Xbox One avec des restrictions sur les jeux d'occasion et une connexion internet quasi obligatoire, et la toile s'embrase. Sony saisit l'occasion et en fait un moment d'anthologie. Le constructeur promet fièrement qu'un jeu PlayStation acheté peut être échangé, revendu, prêté à un ami ou gardé pour toujours. Il va même jusqu'à publier une vidéo parodique restée culte, dans laquelle deux dirigeants de PlayStation expliquent comment partager un jeu PS4, en se contentant de se tendre le boîtier de main à main. Le clip humilie littéralement la concurrence et contribue au triomphe commercial de la PS4.
Treize ans plus tard, c'est exactement cette promesse que Sony enterre. La pétition ne se prive pas de le rappeler. L'entreprise qui avait conquis toute une génération de joueurs en défendant la propriété réelle des jeux et en se moquant de ceux qui voulaient la restreindre est aujourd'hui celle qui la supprime entièrement. Pour beaucoup de fans de la première heure, c'est ce retournement qui rend l'annonce si difficile à avaler, bien au-delà de la simple question technique du support.
Est-ce que ça peut vraiment faire plier Sony ?
Soyons lucides, une pétition en ligne, aussi populaire soit-elle, ne suffit généralement pas à faire reculer une multinationale sur une décision stratégique mûrie de longue date. Sony présente la fin du disque comme une adaptation aux usages de ses joueurs, pas comme une expérimentation, et rien n'indique à ce stade que l'entreprise envisage de revoir sa copie. Il serait malhonnête de vous promettre le contraire.
Mais il y a un précédent qui donne de l'espoir aux signataires, et il mérite d'être raconté. Le mouvement Stop Killing Games est né il y a environ deux ans, après la fermeture par Ubisoft des serveurs du jeu The Crew, qui avait rendu injouable un titre pourtant acheté par des millions de joueurs. Parti d'une simple mobilisation de fans, ce mouvement a pris une ampleur telle qu'il commence aujourd'hui à peser sur des décisions législatives dans plusieurs régions du monde, notamment en Europe. La leçon est claire. Une mobilisation de joueurs peut sembler dérisoire au départ et finir par faire bouger des lignes qu'on croyait infranchissables, pas forcément en faisant changer d'avis l'industrie, mais en attirant l'attention des législateurs sur la question de la propriété numérique.
Et même si Sony ne recule pas, la pétition a déjà une utilité. Elle envoie un signal mesurable, chiffré et public au reste de l'industrie. Nintendo et Microsoft, qui n'ont pour l'instant rien annoncé de comparable, observent certainement ces chiffres avec attention. Chaque signature renforce l'argument commercial du support physique chez les concurrents, et pourrait peser sur leurs propres décisions futures.
Comment signer, et pourquoi ça compte aussi pour les collectionneurs
Si le sujet vous tient à coeur, la pétition est accessible librement sur Change.org. La signature prend moins d'une minute et ne demande qu'une adresse email. Le texte est en anglais, mais la mobilisation est mondiale et chaque signature compte de la même façon, d'où que vous soyez.
Et pour nous, collectionneurs et amoureux des objets, cette bataille dépasse le seul cas PlayStation. Ce qui se joue ici, c'est la place du tangible dans notre passion. Un monde où les jeux, les films et la musique ne sont plus que des fichiers loués sur des serveurs est un monde où posséder, exposer et transmettre devient l'exception. C'est exactement pour ça que les objets physiques de nos univers préférés, des figurines aux cartes à collectionner, prennent une importance nouvelle. Ils sont en train de devenir les derniers gardiens du concret dans la pop culture.
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Et toi, tu signes ou pas ? Tu penses que la mobilisation peut faire bouger Sony, ou que la messe est dite ? Tu as déjà signé Don't Kill the Disc ? Et le souvenir de la fameuse vidéo de l'E3 2013, ça te parle ? Raconte-nous tout en commentaire, on lit et on répond à tout le monde ! |
Cet article s'appuie sur le texte de la pétition Don't Kill the Disc publiée sur Change.org, ainsi que sur les recensements et analyses des médias spécialisés parus dans les jours suivant l'annonce de Sony du 1er juillet 2026.
Bmx1002
Laisser nous nos disques physiques ????????????
