Publié par Benoît dans Actualités jeux Vidéo le 09/06/2026 à 01:16
C'est une décision qui restera dans les annales. Ce lundi 8 juin 2026, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) a annoncé que Nintendo of Europe avait accepté de payer 35 millions d'euros pour solder le dossier du célèbre Joy-Con Drift. Une somme colossale qui vient clore près d'une décennie de polémique autour des manettes de la première Nintendo Switch.
Lancée en 2017, la Nintendo Switch a connu un succès monumental. Mais très vite, de nombreux joueurs ont signalé un problème récurrent sur les Joy-Con, ces fameuses manettes détachables : le drift. Concrètement, le joystick enregistre des mouvements fantômes. Le personnage se déplace tout seul, les commandes s'inversent, ou des actions se déclenchent sans la moindre intervention du joueur.
Le résultat ? Certains jeux devenaient tout simplement injouables. Dans sa plainte déposée en 2020, l'association UFC-Que Choisir pointait deux causes probables : une usure prématurée des circuits imprimés et un défaut d'étanchéité laissant entrer des poussières. L'association évoquait même, à l'époque, une possible obsolescence programmée.
Point important : l'amende ne sanctionne pas directement le défaut technique des manettes. Ce que la DGCCRF reproche à Nintendo, c'est un défaut d'information loyale envers les consommateurs, qualifié de pratique commerciale trompeuse.
Selon le Service national des enquêtes, le constructeur n'aurait commencé à communiquer qu'à partir de 2020, et non dès qu'il a eu connaissance des dysfonctionnements. Faute d'information claire, de nombreux joueurs ont préféré racheter de nouvelles manettes plutôt que de solliciter le service après-vente. Pour reprendre les termes du rapport, ce silence a "contribué à dissuader les consommateurs de se tourner vers le service après-vente de Nintendo".
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À noter : Nintendo s'était déjà engagé en 2023, au niveau européen, à réparer gratuitement les Joy-Con touchés, même hors garantie légale. Cet engagement reste valable, mais il n'a pas suffi à clore le volet français du dossier. |
Saisie après la transmission du dossier au parquet de Nanterre en 2025, l'administration a proposé à Nintendo une transaction pénale de 35 millions d'euros. Le constructeur l'a acceptée. Il s'agit de l'une des sanctions les plus lourdes jamais prononcées par la DGCCRF, juste derrière celle infligée à Shein l'an dernier.
En plus du paiement, Nintendo devra publier un communiqué officiel sur la page d'accueil de son site français afin d'informer les consommateurs de cette décision. Une manière d'assurer que l'information arrive, cette fois, jusqu'aux joueurs.
Il faut être honnête : cette amende ne remboursera pas directement les joueurs qui ont racheté des manettes par le passé. La somme est versée à l'État, pas aux consommateurs lésés. En revanche, elle crée un précédent fort, autant pour Nintendo que pour les autres constructeurs : cacher un défaut connu peut coûter très cher.
Bonne nouvelle pour la suite : les manettes plus récentes, notamment celles de la Switch 2 et les manettes Pro, utilisent désormais des joysticks à effet Hall, une technologie sans contact bien plus résistante à l'usure. De quoi, on l'espère, tourner définitivement la page du drift.
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