Parc Dragon Ball en France, Toei Animation dément avoir accordé la moindre licence

Communiqué du 31 août 2026, images saoudiennes recyclées, projet français toujours debout. On démêle tout.

Le 31 août 2026, Toei Animation a publié sur son site officiel une mise au point intitulée Position de notre société concernant les informations faisant état de la construction d'un parc à thème Dragon Ball en France. Le studio japonais y affirme que ni lui ni les autres sociétés détentrices des droits n'ont accordé de licence pour ce projet, et qu'il n'a connaissance d'aucun fait allant en ce sens. Le complexe de Cergy-Pontoise n'est pas annulé pour autant, mais Dragon Ball n'y est officiellement rattaché par personne.

 

Parc Dragon Ball en France, Toei Animation dément avoir accordé la moindre licence

Ce que dit exactement le communiqué japonais

Nous écrivions ici même, fin août, que la licence japonaise n'était pas acquise et que la communication politique risquait d'aller plus vite que les négociations. Le communiqué du 31 août confirme cette lecture, et il va même un cran plus loin.

Toei Animation y indique que sa société et les sociétés détentrices des droits concernées n'ont accordé aucune licence pour l'affaire évoquée par la presse. Le studio ajoute ne disposer d'aucun élément permettant de confirmer l'existence d'un tel projet. Autrement dit, le principal ayant droit de l'animation Dragon Ball explique avoir découvert le dossier français en même temps que le grand public.

Deux précisions comptent pour bien lire ce texte. Il ne dit pas qu'un parc Dragon Ball français est impossible, il dit qu'aucune autorisation n'existe à ce jour. Et il porte uniquement sur la licence, pas sur le projet touristique lui-même.

Les images vues partout ne montrent pas la France

C'est le second point du communiqué, et sans doute le plus embarrassant pour les rédactions. Les visuels de parc Dragon Ball repris en boucle depuis le 24 août, avec le Shenron géant enroulé autour de la tour et les arches en Dragon Balls, proviennent tous de l'annonce commune faite par Toei Animation et Qiddiya Investment Company le 22 mars 2024. Ils concernent le parc en projet à Qiddiya City, en Arabie saoudite. Toei précise que ces images et ces vidéos n'ont aucun lien avec les informations françaises.

Le malentendu s'explique assez bien. Qiddiya est le même acteur des deux côtés, ce qui rendait la confusion presque naturelle. Voici ce que recouvre réellement le projet saoudien, le seul qui soit officiellement licencié à ce jour.

Le parc de Qiddiya City Ce qui est annoncé
Annonce officielle 22 mars 2024, conjointement par Toei Animation et Qiddiya Investment Company
Superficie Plus de 500 000 mètres carrés
Zones thématiques Sept univers issus de la série
Attractions Plus de trente
Élément signature Un Shenron d'environ 70 mètres
Statut de la licence Accordée, dans le cadre d'un partenariat de long terme

Ce que le démenti ne remet pas en cause

Il faut résister à la tentation du titre facile. Toei Animation ne dément pas le projet de Cergy-Pontoise, elle dément l'idée qu'un parc Dragon Ball français serait décidé.

Le protocole d'accord signé le 24 août 2026 en marge de la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane existe bel et bien. Il engage Qiddiya Investment Company et le gouvernement français dans une phase de travail commune destinée à définir le périmètre du projet, le modèle de développement et le cadre contractuel, sous réserve des procédures et autorisations applicables en France. Le complexe annoncé porte sur trois parcs dans l'agglomération de Cergy-Pontoise, environ six milliards d'euros et 22 000 emplois.

Le détail que presque personne n'a relevé

Relisez le communiqué de Qiddiya. La marque Dragon Ball n'y apparaît nulle part. Le texte saoudien parle d'une destination de loisirs à usage mixte, sans citer la moindre licence. L'Élysée, de son côté, a évoqué l'univers des mangas. Le seul niveau où le nom Dragon Ball a été prononcé comme une certitude, c'est la communication de la région Île-de-France.

Dès le 27 août, Le Figaro rapportait que le chiffre de six milliards d'euros passait mal côté saoudien, un homme d'affaires évoquant un montant un peu gonflé à l'hélium. La présidente de région reconnaissait elle-même qu'il restait beaucoup de travail et de coordination locale à mener.

Pourquoi cette licence est plus difficile à obtenir qu'il n'y paraît

Négocier Dragon Ball ne se résume pas à signer avec Toei. Depuis la disparition d'Akira Toriyama en 2024, les droits sur son œuvre sont répartis entre plusieurs acteurs qui doivent tous être alignés.

  • Bird Studio, la structure de l'auteur, côté paternité de l'œuvre
  • Shueisha, l'éditeur du manga
  • Toei Animation, pour l'animation et une large part des produits dérivés
  • Bandai Namco, pour les jeux et une bonne partie du merchandising

Chacun a sa propre politique d'exploitation, et les ayants droit japonais sont réputés très attentifs aux conditions dans lesquelles leurs personnages sont mis en scène. Un parc à thème engage l'image d'une licence pour trente ans, ce qui n'a rien à voir avec un contrat de figurines.

Voir son nom associé dans la presse mondiale à un projet qu'on n'a pas validé, avec ses propres visuels sortis de leur contexte, n'est jamais un bon point de départ pour une négociation. C'est exactement le risque que nous pointions la semaine dernière.

La chronologie d'un emballement

Date Ce qui se passe
31 juillet 2026 Politico révèle des discussions autour de la friche de Mirapolis, à Courdimanche
24 août 2026 Valérie Pécresse annonce le matin sur TF1 un projet de l'ampleur de Disney, puis confirme sur ses réseaux l'arrivée de Son Goku
24 août 2026 L'Élysée officialise le protocole d'accord, Qiddiya publie un communiqué qui ne cite aucune licence
25 août 2026 Le Monde révèle que l'accord des ayants droit japonais n'est pas obtenu
27 août 2026 Le Figaro rapporte les réserves saoudiennes sur le chiffrage annoncé
31 août 2026 Toei Animation publie son communiqué officiel
3 septembre 2026 La presse japonaise puis française relaient massivement le démenti

Un détail n'a pas échappé aux médias japonais, qui relèvent que les collectivités françaises ont continué à communiquer officiellement sur le parc après que la question de la licence a été soulevée. Le décalage entre le calendrier politique français et le calendrier contractuel japonais, c'est probablement la vraie histoire de ce dossier.

Pendant ce temps, la contestation locale s'organise

Le démenti tombe dans un contexte déjà tendu sur le terrain. Une première mobilisation s'est tenue fin août du côté de Courdimanche, portée par des habitants et des associations inquiètes de l'artificialisation d'une friche proche du parc naturel régional du Vexin français, de la pression sur les loyers et de la saturation annoncée des transports.

Deux questions écrites déposées le 18 août à l'Assemblée nationale réclament des précisions sur l'étude d'impact et sur le montage financier. Aucune réponse du gouvernement n'a été publiée à ce jour, aucune procédure de concertation publique n'est officiellement ouverte, et l'emprise foncière exacte du projet n'a jamais été rendue publique.

Ce que ça change pour les fans

Soyons honnêtes sur l'état du dossier. Un parc Dragon Ball près de Paris reste possible. Qiddiya travaille déjà avec Toei sur le projet saoudien, et un élargissement du partenariat n'aurait rien d'absurde une fois le cadre français stabilisé. Mais nous sommes revenus au stade de l'hypothèse, après deux semaines pendant lesquelles beaucoup l'ont présentée comme une certitude.

Le calendrier évoqué par les professionnels du secteur tourne autour de 2030 ou 2031 dans le meilleur des cas, et il suppose que tout s'enchaîne sans accroc, licence, autorisations d'urbanisme, accès routiers et transports en commun.

En attendant, la seule chose sur laquelle vous pouvez compter aujourd'hui, c'est votre étagère. Nos goodies Dragon Ball et nos produits Dragon Ball Z sont disponibles, aux côtés de tout notre rayon manga et de nos figurines Funko Pop.

Questions fréquentes

Le parc Dragon Ball en France est-il annulé

Non. Toei Animation dit seulement n'avoir accordé aucune licence et n'avoir connaissance d'aucun projet validé. Le complexe de trois parcs à Cergy-Pontoise reste sur la table, mais sans thème officiellement attribué.

Qui a annoncé un parc Dragon Ball, alors

Le nom de la licence vient de la communication de la région Île-de-France, puis de sa reprise massive par la presse. Ni le communiqué de l'Élysée ni celui de Qiddiya ne citent Dragon Ball.

Les images du parc vues partout sont-elles fausses

Elles sont authentiques mais elles montrent le parc de Qiddiya City, en Arabie saoudite, présenté le 22 mars 2024. Elles n'ont jamais représenté un projet français.

Le parc Dragon Ball saoudien existe-t-il vraiment

Oui, c'est le seul projet Dragon Ball officiellement licencié à ce jour, avec sept zones thématiques, plus de trente attractions et un Shenron d'environ 70 mètres.

Un accord français est-il encore possible

Rien ne l'interdit. Qiddiya est déjà partenaire de Toei en Arabie saoudite. Il faudrait toutefois obtenir l'accord de l'ensemble des ayants droit, dont Shueisha, Bird Studio et Bandai Namco.

Notre suivi complet du dossier

Nous suivons ce projet depuis la première fuite de juillet. Pour reprendre le fil depuis le début.

Et vous, vous y croyez encore ou vous pensez que le parc manga se fera sans Son Goku ? Dites-nous en commentaire quelle licence vous verriez bien prendre le relais si Dragon Ball ne signe pas.

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